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BIO

Née en 1986 à Colombes (92), Coline Gaulot vit et travaille entre Bordeaux et Paris.
Sa pratique trans-disciplinaire mèle la peinture, la porcelaine et l’écriture sous le spectre rassembleur de la couleur et du récit. Son travail est fait de récits à intimités variables. De la plus autobiographique à la plus commune, l’artiste cartographie depuis plusieurs années l’expérience vécue. Des bouquets reçus, des piscines silencieuses, des feux d’artifices stoppés prennent place et content nos turbulences. Le travail de Coline Gaulot est une collection d’instants. La peinture fait basculer l’instant privé dans le commun, le partageable, le collectif.

Après une licence de théâtre spécialisée dans la scénographie, elle intègre l’Université des arts de Fukuoka (Japon) où elle étudie la peinture traditionnelle japonaise et apprend à regarder sécher la peinture. Elle obtient son diplôme japonais en 2011 puis son Diplôme National Supérieur d’Études Plastiques à Bordeaux en 2012. Ses recherches lui permettent d’obtenir le Prix du FRAC MECA 2020. En 2021, elle expose à Berlin suite à une résidence à l’Officina Neukölln puis à Liège dans le cadre de Art Au Centre. Elle présente en parallèle une exposition monographique commandée par le Musée du tabac. Un de ses papiers peints numériques entre
alors dans la collection des Musées de France suite à l’acquisition par l’institution.

Elle s’implique dans la transmission des récits et défend une position singulière de l’intime dans l’apparition du collectif et de l’universel.

 

«La jeune plasticienne nourrit sa pratique de la peinture avec celle  de l’écriture et de l’installation. Elle crée par série autour de thèmes, de motifs ou de lieux communs tels que le bouquet, le feu d’artifice, la piscine, l’anniversaire. Ce qui caractérise sa démarche est la façon dont elle approche son sujet, en fait un prétexte à la rencontre et au récit.» Junkpage, Novembre 2018, Anne Clarck.

 

 

CV

SOLO SHOW

2022 Birds, La vitrine des essais, Bordeaux (33)

2022 L’assiette de Frites, performance, Bruit du frigo, Bordeaux

2022 Sylvie, Réseau Dédale, Mulhouse (68)

2021 Lobsters and oysters please, Officina neukölln, Berlin

2021 Tout a commencé le jour où j’ai arrêté de Fumer, Musée du tabac (24) 

2021 Le Bouquet Public, Le mur de Saint-Etienne, Collage, (42)

2020 Un Feu, exposition La métive, Moutier d’ahun (23)

2020 Joyeux A, Musée du Four des Casseaux, Limoges ( 87)

2019 Devenir Aquatique – Agence créative, Bordeaux (33)

2018 Brasier, Suplex, Sainte-Foy-la-Grande ( 33) 

Femmes Piscines, Espace 29, Bordeaux (33)

2016 Fire, Installation, Charentes (16)

2015 Coco Palm, installation, Zou!, Sers (16) 

L’utilité du gingembre dans les sushis, Zou!, Sers (16) 

La Vague, Collège Aliénor d’aquitaine, Bordeaux (33)

2014 Ne plonge pas, installation, Manufacture Atlantique, Bordeaux 

Je pense à toi, installation, Art exprim, Paris (75) 

 

GROUP SHOW

 2022 Exposition La Pyramide de Ponzi, Galerie valérie Delaunay, Paris

2022 Exposition présentation des acquisitions de l’artothèque.

2021 Exposition Art au Centre, Liège, Belgique

2021 La panthère et la Jonquille, Remparts Cadillac (33)

2021 Exposition Collective, De la peinture, Espace 29

2021 Exposition trio, FRAC-MECA, Chateau Issan

2021 Duo avec H.Guitton, Chateau de Monbazillac, Rives de l’art

2020 Effets secondaires, Poteaux d’angle, Bourges

2020 Biennale de céramique, La Métive, Mouthier d’Ahun (23)

2019 WAC – Continuum, exposition collective, Bordeaux (33)

2019 L’aulofée, commi. Élise Girardot, Médiathèque, Pessac (33)

2018 Exposition collective, Cour Carrée, Pontault Combault ( 77)

2018 Performance Sauvez-vous au sein du collectif IPN, Toulouse

2014 Typographie, exposition des diplômés de L’EBABX

 

RESIDENCES / PRIX / AUTRES

 2022 Résidence Un artiste/ Un collège, Collège jean ZAY, Cenon

2021 Commissariat De la peinture, Bordeaux

2021 Commande Musée du tabac, Bergerac 

2021 Commande Projet MECS IDDAC 

2021 Résidence Les Ateliers Bellevaux, Lausanne, Suisse

2021 Résidence Container (40)

2020-21 Résidence Officina Neukölln, Décembre- Janvier, Berlin

2020 Résidence La Métive, Mouthier d’Ahun 

2020 Commande Projet MECS IDDAC

2019 Résidence La Métive, Mouthier d’Ahun

2019 Juin- Novembre Résidence ENSA, Limoges

2019 Obtention de AIC DRAC Nouvelle Aquitaine 

2018 Résidence porcelaine Mashdesignfrance, Limoges

2014 Résidence à la Manufacture Atlantique

2013 Commissaire d’exposition pour l’exposition 1+1=1

2012 Prix du jury pour la meilleure exposition collective pour l’exposition Wunderland 3D, Allemagne

 

EDUCATION/

2012 DNSEP, école des Beaux Arts de Bordeaux, Félicitations du Jury

2011 Diplôme de l’Université de Fukuoka, Japon

2010 DNAP, école des Beaux Arts de Bordeaux, Félicitations du jury

2007 Licence Arts du Spectacle mention études théâtrales, Université Michel de Montaigne, Bordeaux

 

 PRIX / ACQUISITION

2022 Acquisition Les citrons, Les arts au mur, Artothèque de Pessac. 

2022 Acquisition du papier peint Le Mille-fleurs du désir toujours, collection Musée de France.

2021 AIC de la Mairie de Bordeaux pour le projet Villa Le Lac / Villa Le Love.

2020 Prix du FRAC Nouvelle-Aquitaine dans le cadre de l’appel à projet Confinement.

2012 Prix du jury pour la meilleure exposition collective pour l’exposition Wunderland 3D, Allemagne 

 

 

Texts

Un détail pour vous

par Élise Girardot

Coline Gaulot peint en 2012 les mains d’une femme. Une mince ficelle entrelace de part en part ses doigts muselés. On affirmait à Artémisia Lomi Gentileschi qu’il était peu probable qu’elle soit l’auteure de ses peintures. Pour lui faire avouer ses prétendus mensonges, on aurait torturé cette peintre italienne de l’école caravagesque.

Chacune des toiles de Coline Gaulot pourrait être l’incarnation d’une vérité ou d’une rencontre véritable et bouleversante entre l’artiste et les personnages qui entourent sa vie. Au centre de l’image, la peinture se déploie autour d’un seul motif : un objet, une nature morte, un signe. Si elle est concentrée sur un choix, la composition colorée n’est pas épurée. Les piscines, bouquets de fleurs ou feux d’artifice matérialisent une expérience, une relation entre deux personnes ou entre un objet et une personne. Comme au cinéma, les interactions se croisent et se succèdent au cours d’un film chorale où les personnages se frôlent sans se

connaître.

Dans la série Brasiers, une tente rouge plantée dans la nuit rappelle une flamme qui nous guide et nous rassure. Pourtant, d’une seconde à l’autre, tout peut basculer et s’embraser. À la surface d’une autre toile, les couleurs des feux d’artifice scintillent dans l’opacité nocturne. Les images apparaissent par la couleur, davantage que par la composition. Des impressions fortes jaillissent, comme la vision première des pétales d’un bouquet d’iris fraîchement coupé. Ces instants suspendus s’effritent aussi vite que les touches brillantes des artificiers.

La quintessence de la recherche de Coline Gaulot s’incarne dans un rapport au temps arrêté, un moment de basculement, tel le bouquet flamboyant qui s’assèche déjà. En 2018, l’artiste rencontre des femmes qui lui racontent l’histoire de leur piscine. Elle retranscrit plus tard ce récit ordinaire sous la forme d’un décor réaliste. Les traits sont fidèles aux formes géométriques et ordonnées que l’on découvre parfois brillantes  et imperturbables dans la nuit. Personnifiées, les piscines adoptent le prénom de leur propriétaire et s’accompagnent d’un texte. En développant une pratique de l’écriture, Coline Gaulot manipule peu à peu les outils d’une frontière entre fiction et réalité. D’autres travaux font référence à des habitus : on se voit offrir un bouquet de fleur, on souffle les bougies d’un anniversaire… Pourtant, la figure humaine demeure invisible. Elle existe à travers l’évocation de récits fragmentés. Le temps long est révélé par l’usage de matières qui se cristallisent. L’artiste reconstitue en porcelaine un à un chaque gâteau visible sur ses photographies d’anniversaire. Les sculptures blanches figent un temps révolu, les membres de la famille disparaissent, les conversations et les voeux font place au portrait en creux du rituel. En accordant du temps à un détail qui passe inaperçu, Coline Gaulot épuise le souvenir intime et le retranscrit sous une forme universelle.

Élise Girardot

Août 2019

ENTRETIEN

Traces Nocturnes d’un art floral  

par Laure Subreville 

Le premier explosif est lancé. Il monte haut dans le ciel, déchire l’air et étire le temps. Celui qui regarde l’ascension est pris dans une attente infinie. Un suspens jusqu’au point culminant de l’explosion, la libération du feu fait entrer le spectateur dans une extase contemplative.

L’artiste peint des feux d’artifices qu’elle installe dans l’espace de la toile comme des bouquets. Le bouquet est un thème récurrent. Les fleurs dans les vases sont à leur apogée, elles ne pourront que faner et retomber, tout comme les feux d’artifices. C’est une recherche du point culminant, du climax.

Le travail de Coline Gaulot est une collection d’instants. Des moments privilégiés et intimes. La peinture fait basculer l’instant privé pour en faire une image commune. Les feux d’artifices, les piscines et les bouquets de fleurs entrent alors dans le domaine du lieu commun. Ces clichés d’images interpèlent le spectateur, réinvoque la question de l’instant chez les autres et rappelle à la contemplation. Une fois le cliché établit, on peut alors se concentrer sur des questions de forme et surtout de couleur. Le travail de Coline Gaulot, est une recherche permanente sur la couleur, sa vibrance et sa lumière. Ainsi, les piscines happent le spectateur. Elles sont une invitation à plonger jamais assouvie.

Coline Gaulot compose et décompose ses sujets jusqu’à atteindre une sorte d’harmonie, l’entre-deux. Cette vision orientale de la peinture et de l’installation, fait penser au courant japonais Ikebana ou l’art de faire vivre les fleurs.

Coline Gaulot entretient un rapport singulier avec les lieux qu’elle peint. Les prises de vue, souvent de nuit ou à l’aube, sont des rendez-vous avec les piscines et leur propriétaire.

Dans les tableaux, les points de vue sont particuliers, ne donnent accès qu’à quelques marches submergées ou un bout du plongeoir. L’espace autour de ces objets peints est obscur, inquiétant, flou. Cet « au-delà de la piscine » existe pourtant dans l’espace de la toile. Il complexifie l’environnement autour du sujet et de son histoire.

Le rapport de l’artiste à son travail est un rapport au langage. Les points de vue si particuliers que l’on retrouve dans les peintures questionnent notre façon de nommer les choses, de parler avec les noms.