We transfer
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We transfer

Installation 2020.

L’installation We transfer est constituée de peintures, de céramiques, d’une vidéo et de textes. Elle a reçu le soutien du Frac Méca.

Ta Peau 

Vidéo de 9 minutes. 

 

“Ta peau”  est une vidéo collectant des instants de poses de 6 hommes qui ont accepté de participer à ce projet. Je leur ai demandé de poser pour moi et de m’envoyer leurs peaux via wetransfer. Ce projet frôle la question du désir mais surtout du corps et de la relation pendant l’arrêt du temps que nous venons de vivre. La peau oubliée, isolée, obligée pour certains, espérée pour d’autres. 

 

J’ai choisi des hommes avec qui je n’ai eu que des désirs avortées, en quelques sortes. Non assouvis, jamais dits. Ce que je leur ai demandé n’était pas simple. J’ai reçu 7 vidéos et à peu près autant de refus, les hommes qui ont acceptés sont des gens que je connais bien. Ce sont des hommes qui m’ont appréciée. C’est la première fois que je les vois nus sauf un qui est en fait la personne que j’ai aimé en premier. 

En offrant leurs peaux, ils offrent à l’observateur une certaine fragilité. Ils gigotent, sont mal à l’aise, gesticulent, se crispent, se placent pour se trouver beaux. C’est peut-être parce qu’ils me connaissent qu’ils ont pu être sincères et c’est cela que l’histoire partagée impulse. Ensuite, il y a le filtre de l’oeuvre. Le « sur un drap », « enlève la musique « … Ce filtre protège tout le monde. Mais si chaque protagoniste participe en honnêteté, en ayant bien compris le sujet, alors le spectateur est emporté. La sincérité est plus que palpable par les yeux, elle émane jusqu’au corps. 

Ce qui est touchant c’est leur mot d’envoi « Prends en soin » « Pour toi » « Je ne l’ai pas dit à … »  » Ayé » « Voilà ». J’aime quand les êtres humains ne sont plus qu’eux. 

Quand ils m’envoient leur vidéo, ils m’envoient ensuite le même message  » ça va ? ». 

ça me fait tellement sourire. Les gens sont d’une grande fragilité. Je réponds toujours que oui. Parce que cette délicatesse du « ça va ? « , anxiété jusqu’au bout, m’est familière et reposante.”*

* Extrait d’une conversation virtuelle entretenue avec un inconnu du 15 Avril au 16 Mai 2020. Parution à venir. 

 

Cette vidéo me permet de continuer mes recherches. 

J’ai décidé de continuer ma recherche sur le kairos, un kairos collectif, vécu individuellement, lié et séparé, à travers la recherche sur les matières-lumières. 

Le motif du drapé est annonciateur de réflexions diverses que je formalise. Il apparait dans divers projets à venir. 

Il est à la fois ce qui me coupe de l’extérieur, accroché à une tringle, mon rideau empêche l’autre de l’observer. Je devais mettre un rideau à la fenêtre de mon salon. J’ai abandonné car j’aime maintenant savoir que mes voisins me voient, veillent sur moi en quelques sortes. L’espace intime devenu roi donne envie de le partager.

Le tissu drapé cache quelques choses, historiquement. Cache le corps, qui a été si absent dans cette période de temps solitaire. Y-a-t-il une personne en dessous de ce drap? Le drap cache les parties, certaines parties. Cache un corps qui joue? Qui jouit? Qui Meurt?